L'Homme qui rétrécit
24/11/2008
Invité par le "Houston Peace and Justice center" pour son annual dinner Awards, une remise de prix pour l'engagement pour les droits de l'homme et la paix, je suis allé mon vélo rose. 3 ou 4 miles dans le Houston nocturne, soleil châleureux et dense le jour et froid sec et vif la nuit. Bref, une petite vingtaine de kms aller retour. Me voila 20 mn après et au Hilton au sud de Houston, près du quartier d'University of Houston. Un accueil de prestige, je déteste les paillette et le bling, bling, Sarkozy ? On me donne mon badge indiquant Moussa Khedimellah avec une joli colombe et le rameau d'Olivier, Table numéro 8. Tous le monde est sur son 31. Les serveurs, hommes et femmes, coïncidence ? ont tous la peau peinte en noir (le noir est plus foncé que le bleu) Tous les invités sont sur leur 31...
Pour ma part, je denote légèrement : je suis en jeans, tennis grises, blouson en cuir vert, tee shirt noir en v, cheveux qui brillent. Je n'ai pas eu le temps de revenir à la maison, Hawthorne street, et enfiler un costume. Pris par le temps, je suis resté comme j'étais vétu ce matin pour cette interview pour la radio, souvenir mémorable. Non pas VIP, jamais, enfin je prie pour que ce soit jamais. Il ne faut jamais dire jamais. Jusqu'à la, rencontre de salon classique avec des notables, rien d'extraordinaire. Je m'attable. La salle est grande, haute, imposante et belle. L'entrée est partout bien entamée dans les assiettes. Cliquetis de couverts, de verres. La danse de flammes de bougies, dans un imposant et séduisant bocal au centre de chaque table donne immédiatement un air feutré à l'ambiance. Un côté feutré. Un côté magique. Magique orangée. A présent, le présent commence déjà à se transformer chaque seconde en vif souvenir orange. Je sais que ce sera un moment spécial. On a l'intuition de ces moments lorsqu'on le vit. A la table numéro 7 finalement, je ne connais personne et personne ne me connais. Lee Taylor, ma voisine quartier Montrose, m'accompagne. Elle me présente rapidement, trop rapidement. Par politesse, je reprends et le fais plus calmement. Déteste être pressé. De suite, on me harcèle de questions : "Are you french, my Goodness". "Bounsouar" (prononcez à l'américaine svp). Je sert ma rengaine : " from Paris...Fulbright scholar, interfaith dialogue". Yeux qui brillent. Le boursiers Fulbright sont une race à part dans ce pays, presque vus comme une partie trés respectable de la crème de ce pays. Les américains adorent les titres, les décorations, les distinctions. j'ai donc droit à des "waowwh" (prononcez à l'américaine svp). S'ensuivent alors des "why...how...when..." un peu longs. Je réponds en toute politesse, encore. Transigerai jamais avec politesse et la bonne éducation. J'appelle ça "être naturellement grand standing". Puis contre toute attente, je retourne la question à ces nobles gens, seniors pour la plupart. Sachant intimement que je ne les reverrai jamais. "Which organisation do you represent Sir or Lady ?". Et là , je découvre à ma grande stupéfaction, que toutes ces personnes sont des gens engagés. Engagés vraiment socialement, politiquement, humainement...loin des beaux discours. Ils sont la plupart militants actifs au quotidien. "Activists" dit-on ici. Engagés dans des quartiers pauvres, avec les SDF, Homeless dit-on ici, femmes battues, quartiers pauvres, détenus en prison, sortants de prison, étudiants sans le sous, demandeurs d'asile, étrangers...J'écoute. Un processus s'entame. Je deviens de plus en plus petit. Le repas se passe. On remet les prix à des personnes encore plus engagées que les autres. Imaginez. Belle surprise, une association de jeunes, enfin des jeunes. Les seuls avec moi dnas cette salle. Soudain, je me rends vraiment de là où je suis en quelques fractions de seconde que. Je suis avec le gratins des humanistes de cette ville du sud du Texas, de simples héros du quotidien. Gratins d'humanistes et des peace makers. J'ai un profond respect pour les gens engagés.Je les admire intimement depuis toujours. Ces personnes sont une source enéergisante pour moi. Elles m'ont toujours inspiré depuis mon plus jeune âge, sans me souvenir à quel moment cela remonte. Ecoutant les conversations d'une oreille, en arrière fond du brouhaha du dîner, je vous alors élargir le focus, le panorama. Je me mest à observer avec grande attention chaque personne, non seulement à ma table mais partout ailleurs. Ma salade est arrivée. Salade de mache, laitue, fruit et rondelle d'oignons, sauce à la crème et peril ou sauce italienne au goût sucré? Je prends un eu des 2 histoires de découvrir. Omaar, le serveur, peau peinte en noir (le noir et plus foncé que le bleu) m'offre encore du thé glacé.

"Thanks you Omaar"; "You're Welcome Sir". Dans la salle les representants d'une cinquantaine d'associations. Tous ensemble, ils forment cett Umbrella, cette oraganisation qui chapottent les autres : "Houston Peace and justice Center".
Me voila vraiment petit, encore. Le processus se poursuit. Je suis maintenant au mileu de personnes plus grandes que moi. Les prix et les discours d'éloge défilent. The Rothko Chapel, une institution incroyable qui n'est ni une église, ni une synagogue, ni une Mosquée mais peut être les 3 à la fois, et peut être plus encore. Née en même temps que moi, et fodé par une famille de mécène Français, les "de Ménil", cette institution est récompensée en la personne de Gayle de Guerin que j'ai rencontrée à d'autres meetings. Cette organisation à but non lucratif prône le dialogue interreliieux, la defense des droits de l'Homme et la promotion de l'art. See : www.rothkochapel.org
Moment le plus émouvant pour moi, très jeune avocate iranienne qui arrive à la tribune. 28 ou peut être 30 ans. Elle reçoit l'Award National de la personne la plus engagée !! Elle denote les aures lauréats avec sa jeuness, sa grande taille svelte, ses cheveux noirs, et son complet noir avec ce chemisier mauve. C'est un militant des Droits de l'Homme de tout premier ordre avec un nom qui vient de loin. Miss Pardiss Kebraiei. Elle milite pour le "Centrer for Constitutionnal Rights"à NY; See : www.ccr-ny.org Elle travaille depuis 4 ans sur la fermeture du camp de prisonniers de haute sécurité à Quantanamo. Ce camp d'internement quasi secret où les gens ont souvent disparus auprès de leur proche comme lorsque jadis on embastillait en France les prétendsnt un peu trop gênants. inhumain, hors la loi, plaie dans le visage de la démocratie américaine, tout cela au nom de la lutte anti terroriste. On se permete tout à l'ouest au nop de la lutte anti terroristes "Terrorisons les terrorites", encoe un slogan farnçais...Vosu avez dit Pasqua ? Quantanamo. Des citoyens français ont étét internés, pas d'autre mot, dans ce camps de la mort où les détenus nt des menottes aux pieds et au mains 24h/24H avec cette combinaisons orange que certians médias ont enfin révélés au monde. Concitoyens français disais-je qui en ont fait les frais, dont un jeune lyonnais avec qui j'ai été en contact et qui a rendy public les conditions de sa détention au journal Le Monde et à Libé...Miss Pardiss Kebriaei rappelle que la quasi totaliét des détenus de Quantanamo n'ont aucun lien avec leur famille qui ne saist souvent pas qu'ils ont été enfermés dans cette partie d monde. Certains ont été tous simplement kidnappés, rien que cela. Vous avez dit Droits de l'Homme ? Ils ont donc purement et simplement disparus pour leur famille qui ne sait pas s'ils sont en vie ou non. Cela est contraire à tous les accords internationaux sur le traitement des conditions de détention de prisonniers, de guerre ou non. Qeul est le mal à informer sa famille pour un détenus, le plus grand des assassins soit-il ?
Kebriaei cite un cas particulièrement révoltant qu'il suit de près en vue de le faire libérer. Un homme qu'elle a rencontré là bas. Il est Afghan. Fuyant le conflit avec les talibans avec sa femme et son fils de 3 ans par taxi qu'il a payé pour l'emmener au Pakistan, il a été arrêté en 2001. Considéré comme Taliban, remis aux autorités américaines, il a été envoyé à Quantanamo, sans sa femme et son fils dont il n'a pas de nouvelles. La salle est religieusement silencieuse à l'ecoute de ce récit. Cet homme était professeur (economie ?). Arrivé à Quantanamo, il a été interrogé 20 heures/ jour pendant un nombre incalculable de jour depuis 2001. Les autorités américaines ont finalement remarqués que quelque chose clochait dans son profil, et dans combien d'autres ? et on sait aujourd'hui qu'il n'a rien à faire à Quantanamo. Que c'est un civil victime d'une rafle avec beaucoup d'autres. Mais sa procedure de libération ne se fait pas. Cela fait 7 ans qu'il est en prison. Son fils doit avoir 10 ans aujourd'hui rappelle Kebriaei. Le dégoût se lit sur la plupart des visages, La lutte antiterroriste a bon dos. Une enquête sur les musulmans menés dans les prisons françaises et anglaises notamment avec des terroristes présumés en quartiers de haute sécurité. Nombre d'entre eux, n'ayant aucun contact entre eux, ont dit ne pas avoir de relations avec leur famille ou un avocat, parfois les deux, depuis plus de 6 mois. "Quantanamo style" made in France ? Miss Pardiss a dans un long discours les détails ce qu'elle a vu. Odieux, odieux...Elle a peine 30 ans. Jeune avocate, disais-je, Kebriaei reçoit donc ce "National Award", prix national pour cet engagement. la salle est admirative. Je partage ce sentiment. Avec d'autres, elle a réussi à imposer à la cour suprème la visite de Quantanamo (2004 ?) d'une délégation d'avocats et d'organisations des Droits de l'Homme. Enfin. Je vois en chair en en os ceux qui ont permis de rendre publique cetet prison secrète de lère Bush. L'idée de fermer ce camps d'internement a fait son chemin, grace notament à ce bout de femme, toute jeune femme et son association d'avocats engagés. Le 44 ème présidents des USA, Barack Hussein Obama l'a meme dit plubliquement : il souhaite fermer le camp de Quantanamo le plus vite possible. Les injustices que je hais, je me rends compte que je ne fais pas grand chose dans ma vie de tous le jours. Je rétrecis encore.
Et ce sentiment de ne pas faire, alors que le monde en a tant besoin, se fait vif et soudain ardent alors que se termine le discours de la miss. Alors, comme à chaque fois que l'emotion touche mes profondeurs, des larmes montent le long de mon corridor entre mon coeur et mon esprit. Larmes à mes yeux plutôt en pensant plus à mon cas qu'à celui de ces malheureux prisonniers, là bàs près de Cuba...Agir. Agir. Pourquoi est ce que je n'agis pas ? Que je ne donne pas de mon temps ? La lutte contre les injustices me tient-elle à coeur oui ou non ? Oui !! Je détourne discrètement mon visage des autres convives hôtes de la table numéro 7, ravi d'être parmi eux, parmi cette Amérique dont j'ai entendu parler et la, je peux la voir et la toucher. Je detourne le visage car j'ai les larmes aux yeux. Ces gens simples, sous leurs allures initiales un peu snob pour certains, sont des personnes pour qui je voue un infini respect à cet instant et pour le futur. J'ai définitivement rétreci et j'ai disparu. Je suis maintenant une essence qui navigue dans la salle. Moi, qui ne fais rien pour la paix et l'injustice. Pourtant cela me tient infiniment à coeur, infiniment. Je hais par dessus tout l'injustice; Elle me révulse. Et cela se répète et tourne dans ma tête, devenant une rengaine : je ne fais définitiment rien, alors que je pourrais faire beaucoup plus. Ces gens rencontrés changent le monde. Ils changent le monde de leurs leurs mains, de leurs idées, de leurs convictions, de leur temps donné. Le monde change et devient meilleur. "Good-doers" dit-on ici. Je suis là aux USA, presque en touriste, dans un programme du département d'Etat américian pour la promotion du dialogue inter religieux et pour la paix !!! Et bien que j'en sois infiniment convaincu...Cela ne me convient pas ce soir. Et pas une minute, cela n'est concret à côté de ces gens engagés chaque jour que Dieu fait. Je rentre...après avoir saluer et féliciter...dont PK, cette amazone, géante afro américaine de près de 2 mêtres.

Je l'ai rencontrée au "Quaker Peace festival" et qui sera à l'inauguration du 20 janvier prochain pour le nouveau président. Il y a aussi Stevens rencontré chez Lady Jane Blaffer Owen et son amie Martha. Ravi d'avoir assisté à cette rencontre énergizante. Sur la route du retour, pédalant dans la nuit aux côtés de Lee, je suis bien pensif. Les lampadaires défilent en orange ou en blanc. Passage au dessus de l'autoroute 59. Traversée du ghetto afro américain sur Alabama street. Pauvreté criante. Injustice encore peinte en noir (le noir est plus foncé que le bleu). Arrivé quartier Montrose, Hawthorne street. Dans mon appartement cosy et somptueux, je pense encore 20 minutes à tous ces gens et à moi même dans l'un des cabriolets noirs jumeaux qui tronent sous les masques africains...la moitié de ma veste attendant sur mon bras droit. Moment trés spécial dans mon voyage intérieur que ce soir et cette face de l'Amérique jusqu'ici invisible. Je reprends peu à peu une taille normale.
Mk
Ps : Thanks you very much Lee-lee

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